Auto-entreprise : attractive pour les freelances en 2018 ?

Près de dix ans après la création du statut d’auto-entrepreneur, de nombreux changements s’apprêtent à chambouler son fonctionnement en 2018.

Créé sous le gouvernement Sarkozy pour simplifier la création d’entreprise individuelle, ce statut avait séduit 1,1 millions d’entrepreneurs en juin 2016.

Les travailleurs freelance, notamment ceux du domaine informatique, peuvent-ils se tourner vers ce statut pour exercer sereinement leur activité ? On examine tous les éléments !

Les plafonds de CA

Un plafond doublé…

Le plafond de chiffres d’affaire est la limite de CA dans laquelle l’entrepreneur peut continuer à bénéficier du régime fiscal associé au statut de la micro-entreprise.

Comme l’avait promis le gouvernement Macron, les plafonds associés au status seront doublés en 2018 : dans le cadre d’une activité de prestation de service (qui correspond donc à la prestation d’un freelance informatique), il était jusqu’ici de 33200€ et sera doublé à 70000€.

Beaucoup de travailleurs indépendants du domaine informatique (développeurs, chefs de projet, architectes), limités jusqu’à présent par ce plafond lorsqu’il constitue leur activité principale, devraient donc logiquement être séduits par ce nouveau seuil plus confortable.

Les freelances de ce secteur d’activité avaient en effet tendance à atteindre assez rapidement le seuil de 33200€ et devaient donc se tourner vers l’entreprise individuelle, l’EURL/SARL ou encore la SAS/SASU.

…mais le seuil TVA inchangé !

Attention, malgré le doublement de ce plafond, l’exonération de TVA ne sera elle pas doublée et conservera le même seuil. C’est l’un des gros avantages du statut, et l’auto-entrepreneur devra donc commencer à collecter la TVA dès lors que son chiffre d’affaire dépasse l’ancien plafond de 33200€ (pour les prestations de service).

Pour les freelance habitués au régime réel et qui passeraient à l’auto-entrepreneuriat suite au doublement des plafonds, rien de très nouveau, si ce n’est une légère complexité induite par cette « demi-TVA ». Ils pourront même réaliser des gains substantiels, en étant exonérés sur la première tranche (33200€) de leur chiffre d’affaires.

Pour les autres, nouveaux indépendants ou déjà auto-entrepreneurs attention à bien comprendre et appliquer cette nouvelle contrainte au delà du seuil de 33200€. La gestion de la TVA implique en effet une déclaration régulière, un peu plus complexe que ce à quoi sont habitués les auto-entrepreneurs à l’heure actuelle.

Il est donc légitime s’interroger sur la complexification du statut induit par ce doublement de plafond non suivi par celui de l’exonération TVA. On ne peut s’empêcher de penser que certains freelances continueront à privilégier un statut alternatif, finalement parfois moins complexe en terme de gestion comptable.

Déclaration en ligne

Sans doute rien de bien nouveau pour la plupart des freelances : les déclarations de chiffres d’affaire en ligne, jusqu’ici obligatoires à partir de 16450€ (prestation de services) le seront dès 8275€.

Pour 99% de ceux qui exercent activité de freelance à titre principal sous le statut d’auto-entrepreneur, la déclaration en ligne sera donc obligatoire !

Réforme du RSI

On en parlait récemment : le RSI est amené à disparaître le 1er janvier 2018 et sera adossé au régime général. Cette application sera cependant progressive.

Le RSI a d’ailleurs mis en ligne une FAQ pour répondre à toutes les questions relatives à cette réforme.

En conclusion…

En 2018, le régime de l’auto-entreprise restera un bon choix pour son activité de freelance informatique. La simplicité des formalités en ligne pour obtenir son numéro de SIRET en feront une excellente porte d’entrée dans le monde du travail indépendant pour de nombreux nouveaux indépendants.

Cependant, on peut s’interroger sur la pertinence des réformes au statut : bien que certaines promesses aient été tenues (doublement des plafonds), rendant le régime plus viable pour certains indépendants à hauts revenus, la création d’un régime TVA « intermédiaire » entre 33200 et 70000 euros de CA risque de complexifier le statut et sa gestion comptable. Cela pourrait ainsi de tourner certains indépendants vers d’autres statuts soumis au régime réel afin d’éviter de se poser les questions créées par ces réformes.

Pour adhérer au régime, rien de plus simple : la FEDAE (Fédération Nationale des Auto-entrepreneurs) propose de s’inscrire facilement et rapidement grâce à un formulaire en ligne simplifié. Leurs conseiller vous accompagnent ensuite dans les démarches dans les trois mois qui suivent.

Pour aller plus loin, il est possible d’y adhérer pour 59€ par an : la FEDAE représente et défend les intérêts des auto-entrepreneurs auprès des pouvoirs publics !

A lire aussi:

  1. Comment mettre en valeur son activité de freelance sur LinkedIn?
Auto-entreprise : attractive pour les freelances en 2018 ?
Noter cet article

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *