Vous êtes étudiant et souhaitez vous aussi vous lancer dans cette merveilleuse aventure qu’est l’entrepreneuriat ?

Que ce soit, comme moi au début, pour avoir un peu « d’argent de poche » ou bien pour en vivre à plein temps à la fin de vos études, cet article vous aidera à mieux comprendre comment combiner votre statut d’étudiant avec votre statut de freelance.

Mais avant toute chose, voyons quels sont les avantages et inconvénients de ce cumul de statut.

Quels avantages à devenir freelance en étant étudiant ?

Financer ses études

Faire des études supérieures est généralement très coûteux pour l’étudiant (ou pour sa famille) : entre le prix de l’école en elle-même, qui peut aller de quelques centaines à plusieurs milliers d’euros par an, l’achat de fournitures parfois nombreuses et les frais de déplacement, cela peut rapidement représenter un certain budget.

Pire encore, si vous devez déménager dans une autre ville, il vous faudra alors ajouter les frais de location d’appartement (ainsi que l’électricité, l’eau, la connexion internet…) et de nourriture. Et là, le budget explose.

Devenir freelance, c’est une solution pour financer tout ou partie des dépenses inhérentes aux études supérieures.

Et ce, de manière plus flexible qu’un emploi à temps partiel, puisque vous pouvez aménager votre emploi du temps selon vos besoins.

Gagner en expérience professionnelle

De plus, avoir une activité professionnelle permet de gagner en expérience. Ceux qui désirent ensuite trouver un CDI bénéficient ainsi d’un CV plus attractif.

Et si vous souhaitez rester freelance ensuite, vous aurez ainsi déjà quelques réalisations à présenter, ainsi qu’un début de réseau professionnel pour vous aider à trouver de nouveaux clients.

S’essayer au freelancing

Plus généralement, vous lancer en tant que freelance alors que vous êtes encore étudiant vous permet de tester une idée ou un concept, sans prendre de gros risques.

Les charges inhérentes à la première année d’activité sont en effet très réduites, en particulier depuis le 1er janvier 2019. Il est en outre possible d’arrêter à tout moment.

Qui sait, peut-être que vous vous découvrirez une vocation ? 😉

Les limites du statut de freelance pour l’étudiant

Un emploi du temps chargé

Si le freelance peut gérer son emploi du temps comme bon lui semble, lorsqu’il a une mission il doit bien évidemment la mener à bien. C’est-à-dire rester réactif et professionnel vis-à-vis de son client bien sûr, mais aussi respecter les deadlines.

De ce fait, certaines périodes risquent d’être très chargées, entre les cours à suivre, les examens à préparer, les contrats clients à réaliser… Vos loisirs, et plus généralement votre vie privée, devront passer au second plan.

Il ne faudra pas vous décourager afin de réussir à tout mener de front sur la durée. Il est essentiel d’être conscient de cela avant de vous lancer.

A lire aussi : Faut-il accepter toutes les missions quand on est développeur freelance ?

Des responsabilités à assumer

Créer une microentreprise se fait aujourd’hui en quelques clics, et tant mieux. Pour autant, cette grande simplicité fait parfois oublier qu’on ne fait pas un acte anodin : on crée une entreprise.

Or qui dit créer une entreprise, dit en assumer les responsabilités.

Il y a bien évidemment les responsabilités inhérentes à l’activité, et notamment le respect de ses clients (respect des deadlines, respect du cahier des charges, travail de qualité, suivi client…), mais aussi les responsabilités liées à l’entreprise elle-même.

Parmi elles, les différentes formalités administratives, telle que la tenue d’une comptabilité (légère en AE certes, mais tout de même), mais aussi et surtout votre engagement moral.

Par exemple, si vous créez une micro-entreprise, saviez-vous que vous engagez votre patrimoine personnel ? En cas de dettes, tout ou partie de vos biens pourraient être saisis.

Honnêtement, le risque est faible dans les activités de services telles que le développement web ou mobile. Faible, pas inexistant.

Les aides pour bien commencer

Pour bien commencer votre activité, vous pouvez bénéficier de l’ACCRE (Aide au Chômeur Créateur ou Repreneur d’Entreprise), une aide induisant une baisse partielle et dégressive de vos cotisations sociales. Depuis le 1er janvier 2019, cette aide est accessible à tous les créateurs d’entreprise, sans condition.

A noter que cette aide n’est pas accordée automatiquement. Pour pouvoir en bénéficier, vous devez en faire la demande lors de la création de votre entreprise (ou dans les 45 jours qui suivent). Cette demande peut être effectuée sur le site Guichet Entreprises.

Selon votre situation, vous pouvez potentiellement être éligible à la Prime d’Activité. Il s’agit d’une aide versée mensuellement par la CAF, dont le montant varie en fonction de vos revenus.

Si vous êtes parent isolé, vous pouvez également bénéficier du RSA tout en étant étudiant. Là encore, il s’agit d’une aide mensuelle versée par la CAF. Son montant, variable en fonction des ressources et de la composition du foyer, est généralement plus conséquent que celui de la Prime d’Activité.

Enfin, il existe de nombreux dispositifs, concours et incubateurs réservés aux créateurs d’entreprise. En voici une liste non exhaustive :

N’oubliez pas également d’autres ressources, tels que le crowfunding, le prêt d’honneur ou encore le prêt étudiant, qui peuvent représenter des coups de pouce conséquents pour monter votre activité. Il existe également diverses aides régionales.

Les obligations fiscales et sociales de l’étudiant freelance

Que vous soyez étudiant ou non, en tant que chef d’entreprise vous devez répondre à un certain nombre d’obligations fiscales et sociales : règlement des cotisations sociales, paiement de la CFE

Cependant, depuis le 1er septembre 2018, il n’y a plus de régime spécial de la sécurité sociale étudiante. Aussi, désormais les étudiants qui créent une entreprise restent affiliés à leur régime actuel de protection social (qui peut être celui des parents).

De plus, si vous êtes rattaché au foyer fiscal de vos parents, ils devront inclure vos revenus dans leur propre déclaration d’impôts (ce qui peut les conduire à payer davantage d’impôts, voire même à les faire passer à la tranche d’imposition supérieure).

Si en revanche vous n’êtes pas rattaché au foyer fiscal de vos parents, vous devrez saisir vos revenus sur votre propre feuille d’imposition.

Pour savoir quelle est la meilleure solution, pensez bien à discuter de tous ces détails avec vos parents avant de lancer votre activité.

Bourse d’étude et APL : quels changements pour l’étudiant freelance ?

Créer son entreprise lorsqu’on est étudiant peut également avoir des conséquences sur le versement des APL ou de la Bourse d’étude.

Les APL

L’Aide pour le logement (APL) est versée mensuellement par la Caisse d’Allocations Familiales (CAF). Son montant est calculé en fonction du revenu fiscal du foyer en N-2. Par exemple, pour 2019 ce sont les revenus 2017 qui sont pris en compte.

De ce fait, les revenus issus de votre entreprise pourront avoir un impact (à retardement) sur le montant de vos APL (ou sur ceux de vos parents, si vous êtes rattaché à leur foyer fiscal).

La Bourse d’étude

La bourse d’étude est, quant à elle, calculée sur les revenus des parents (et non pas de votre foyer fiscal).

Ainsi, si vous n’êtes pas rattaché à leur foyer fiscal, vos revenus freelances n’auront aucun impact sur le montant de votre bourse. Mais si vous êtes rattaché à vos parents, ils pourront entraîner la baisse, voire la suppression, de cette aide.  

A noter toutefois qu’à l’instar des APL, les revenus pris en compte sont ceux de N-2. Aussi, là encore il faudra attendre 2 ans avant que l’exercice de votre activité de freelance ait un impact.  

Anecdote personnelle : j’ai moi aussi été étudiante et freelance !

Pour la petite histoire, j’ai créé mon auto-entreprise alors que j’étais encore étudiante, en dernière année. A l’origine, c’était simplement pour légaliser les revenus issus d’un projet personnel que je venais de lancer. Je n’avais pas du tout prévu de devenir freelance à plein temps ensuite !

Mais avoir ce statut m’a permis d’obtenir très facilement mon premier contrat : l’agence web dans laquelle j’avais fait mon stage de fin d’études, avait en effet souhaité me garder, sans pour autant pouvoir m’offrir de CDI. Grâce à ce statut, j’ai ainsi pu travailler en tant que développeur web durant quelques mois.

J’ai ensuite eu une seconde opportunité peu de temps après. De fil en aiguille, j’ai fini par me consacrer pleinement à mon auto-entreprise. Et aujourd’hui, 10 ans après, je dois avouer que je n’ai jamais regretté cette décision ! Sauf, peut-être, lors de mes premières recherches d’appartement :p Eh oui, c’est beaucoup plus facile de louer quand on est étudiant que quand on est freelance.

Et vous, vous avez déjà testé ou comptez vous lancer ? Racontez-nous tout en commentaire !

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