Freelance ou salarié en CDI : qui est vraiment le moins cher ?

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Freelance ou salarié en CDI : qui est vraiment le moins cher ?

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Le freelance présente de multiples qualités, mais il présente l’inconvénient de coûter plus cher qu’un salarié. Du moins, c’est ce que l’on entend souvent dire. Mais est-ce vraiment le cas ?

Aujourd’hui, je vous propose de faire le point sur ce mythe très répandu.

Et pour cela, je vais prendre l’exemple de 3 développeurs fictifs : un junior, un expérimenté, et un sénior / lead. Vont-ils coûter plus cher à une entreprise en étant salarié en CDI, ou bien en étant freelance ?

On fait le match !

Le point de départ du test

Pour cette expérience, j’ai choisi le métier de développeur Java, tout simplement parce que c’est le langage le plus populaire.

Concernant le montant des salaires / TJM, je me suis basée sur les tarifs pratiqués en Île-de-France, comme FreelanceRepublik officie principalement dans cette région.

Voici donc les chiffres que j’ai retenu :

Statut / ExpérienceJuniorExpérimentéSénior / Lead
Freelance320€ de TJM460€ de TJM590€ de TJM
Salarié en CDI40.000€ brut / an50.000€ brut / an60.000€ brut / an

Si on reste sur un calcul simpliste (brut + 40% de charges patronales / 225 jours ouvrés), on obtient donc un coût par jour de :

  • 250€ pour le junior en CDI ;
  • 310€ pour le développeur avec de l’expérience en CDI ;
  • 375€ pour le sénior / lead en CDI.

Et effectivement, ces montants sont bien inférieurs aux TJM pratiqués. Largement même.

Mais comme je le disais, c’est un calcul très simpliste, qui ne tient pas la route.

Voyons maintenant ce que cela donne avec une analyse un peu plus complète, et donc des chiffres plus fiables :

Le vrai coût d’un salarié : ma méthode de calcul complète

1# Nombre de jours travaillés d’un salarié

Tout d’abord, un raccourci courant consiste à dire qu’un salarié travaille 225 jours par an, c’est-à-dire le nombre de jours ouvrés. C’est bien évidemment totalement faux.

À ce nombre, vous pouvez d’ores et déjà retrancher :

  • 25 jours de congés payés
  • 10 jours de RTT (moyenne nationale)

A cela, s’ajoute un taux d’absentéisme de 5,26% (moyenne nationale constatée dans le secteur des services, d’après l’étude 2019 sur l’absentéisme au travail).

Il ne reste donc déjà plus que 178 jours travaillés par an et par salarié.

2# Calcul du superbrut

Ensuite, d’après le calculateur mis gratuitement à disposition de tous sur le site du gouvernement, voici le superbrut obtenu pour chacun des 3 salariés :

Salaire / SalariéJuniorExpérimentéSénior / Lead
Salaire net annuel30 568€38 517€46 535€
Salaire brut annuel40 000€50 000€60 000€
Salaire superbrut annuel57 244€74 084€88 415€

Pour rappel, le salaire d’un salarié est en effet composé de son salaire net auquel on ajoute les cotisations sociales, ce qui forme le salaire brut. À cela, il faut également ajouter les cotisations patronales, c’est ce que l’on appelle le superbrut.

Ces montants varient en fonction de divers critères. Voici les points importants que j’ai retenu pour cette simulation :

  • Entreprise de services installée sur Paris ;
  • Moins de 50 salariés ;
  • Tickets restaurant de 8€ / jour ;
  • Mutuelle à 60€ / mois, avec participation à hauteur de 50% de la part de l’employeur ;
  • Dédommagement pour des frais kilométriques à hauteur de 5 km par jour ;
  • Contrat à temps plein sans heures supplémentaires (donc 35h / semaine) ;
  • Pas de prime ni de 13ème mois.

De prime abord, on pourrait croire qu’il suffit désormais de diviser le superbrut par le nombre de jours travaillés du salarié afin d’obtenir son coût réel.

Mais ce n’est pas si simple. Des frais supplémentaires viennent s’ajouter à ce calcul :

3# Les autres frais

  • Les frais de gestion : d’après le BenchmarkADP 2018, chaque salarié français coûte en moyenne 448€ par an en frais de gestion (fonction paie et administration du personnel). Soit 2,51€ par jour travaillé.
  • Médecine du travail : obligatoire pour les salariés, elle est peu onéreuse certes, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut l’oublier. Comptez environ 0,4€ supplémentaire par salarié et par jour.
  • Coût de recrutement : pour recruter votre développeur Java, encore faut-il le trouver ! Comptez en moyenne 20% de son salaire brut si vous passez par un cabinet de recrutement. Pour calculer le coût par jour, on considère que le salarié reste 5 ans dans votre entreprise (turn over de 20%).
  • Indemnités de rupture conventionnelle : eh oui, il faut également y penser ! Dans le cas d’une rupture conventionnelle au bout de 5 ans, vous devrez verser à votre salarié un mois de salaire brut.
  • Équipement du poste de travail : pour équiper un poste complet, de la chaise de bureau confortable à l’ordinateur performant, en passant par les multiples écrans etc, le tout renouvelé tous les 3 ans, je suis tombée sur une moyenne de 6,2€ / jour / salarié. Et honnêtement, je n’ai pas fait de folies, même s’il est important pour un développeur d’avoir du bon matériel.

Vous vous en doutez, avec tout cela le coût réel d’un salarié a encore augmenté. Et si nous regardions ensemble à quel point ? Son prix se rapproche-t-il désormais de celui du freelance ?

Le verdict : qui est le moins cher, le salarié ou le freelance ?

Tableau de calcul du coût réel d’un salarié

Pour le savoir, place aux chiffres concrets ! Et pour ce calcul, rien de tel qu’un tableau détaillé :

 JuniorExpérimentéSénior / Lead
  Base :
Brut annuel40 000€50 000€60 000€
Superbrut annuel57 244€74 084€88 415€
Jours ouvrés225
Jours de congés25
Jours de RTT10
Taux d’absentéisme5,26%
Nombre de jours travaillés178
Superbrut / jour travaillé321,6 €  416,2 €  496,7 €  
  Autres frais (par jour) :
Charges de gestion2,51€
Médecine du travail0,4€
Coût de recrutement8,98 €11,23€13,47 €
Indemnités rupture conventionnelle3,74 €4,68 €5,61 €
Poste de travail6,17€
Total coût salarié / jour343,40 €441,19 €524,86 €

Et là je suis sûre que vous vous dîtes « Ah oui, quand même. Je ne pensais pas que ça augmenterait autant ». Eh si.

Comparaison coût réel freelance VS salarié

Comparons maintenant le coût réel d’un salarié en CDI avec celui d’un freelance :

CDI – Calcul simplisteCDI – Coût réel (arrondi)FreelanceGain réalisé en choisissant le salarié
Junior250€343€320€-23€
Expérimenté310€441€460€19€
Sénior / Lead375€525€590€65€

Comme vous pouvez le constater, le TJM du freelance s’est nettement rapproché du coût journalier d’un salarié en CDI. Le freelance sénior reste un peu plus élevé tout de même, mais le junior est plus rentable.

Et si nous allions encore plus loin ?

Le bonus start and stop

Le problème avec un salarié, c’est qu’une fois recruté, son salaire lui est forcément dû. Et ce, quel que soit le volume d’activité de l’entreprise. Tant que l’entreprise a du travail, cela ne pose pas de soucis. Mais en cas de baisse d’activité, y compris si cela est dû à une situation extérieure à l’entreprise (coucou Covid-19), cela peut vite s’avérer problématique.

C’est là que réside l’un des principaux avantages du freelance. Vous ne le payez que quand vous avez besoin de lui ! Et justement, cette grande flexibilité permet de réaliser des économies.

On appelle cette capacité à pouvoir démarrer / arrêter une relation quand on veut le « start and stop ». Cette flexibilité est comprise dans le TJM du freelance, et nous pouvons la valoriser à hauteur d’environ 10%.

C’est reparti pour des calculs ! Voyons maintenant combien coûte un salarié en intégrant cette variable de 10% :

CDI avec S&S (arrondi)FreelanceGain réalisé en choisissant le salarié
Junior377€320€-43€
Expérimenté485€460€-25€
Sénior / Lead577€590€13€

Finalement, vous n’économisez plus que 13€ par jour travaillé dans le cas d’un sénior / lead, et payez même votre salarié plus cher qu’un freelance dans les autres cas.

Conclusion : pas si cher le freelance…

Tout au long de cet article, nous avons vu qu’un freelance est généralement cité comme bien plus cher qu’un salarié. Mais j’ai démontré, en prenant des exemples réalistes, que cela était loin d’être toujours le cas. Dans 2 des 3 cas évoqués ici, le freelance était même plus rentable.

Je suis même intimement convaincue que l’écart peut encore davantage se creuser, en faveur du freelance. Eh oui ! Si vous avez été bien attentif, vous aurez remarqué qu’il y a encore des paramètres que je n’ai pas pris en compte :

  • Les évolutions de carrière : eh oui, le petit que vous recrutez dès sa sortie d’école, ne sera plus junior très longtemps… et son salaire devra être revalorisé. Il en va de même pour les autres d’ailleurs, du moins si vous souhaitez limiter le turn over ;
  • La formation du salarié : former ses salariés, que ce soit en interne ou via des formations, est indispensable. Surtout dans un domaine comme l’informatique. Or bien sûr, cela coûte de l’argent, rend le salarié inopérant durant quelques jours (car oui, la formation doit se faire sur le temps de travail) et peut là encore entraîner des revalorisations de salaires ;
  • Primes : je n’ai volontairement pas mentionné ici de primes, qu’il s’agisse de primes exceptionnelles, d’intéressements ou autres… Je n’ai pas non plus accordé de 13ème mois. Or si vous voulez conserver vos salariés sur la durée, vous devriez sérieusement songer à leur accorder quelques bonus ;
  • Heures supplémentaires : de même, je suis partie sur un contrat classique de 35h hebdomadaire, sans heures supplémentaires. Mais honnêtement, vous connaissez beaucoup de développeurs qui sont à 35h toute leur carrière vous ? Moi non.
  • La productivité : je ne l’ai pas citée car elle est difficile à mesurer. Mais c’est connu que le freelance a tendance à être plus productif que le salarié, tout simplement parce que la satisfaction de ses clients est le meilleur moyen pour lui d’avoir du travail. Eh oui, s’il ne travaille pas assez vite et bien, son contrat pourra facilement être rompu… là où il est bien plus difficile de se débarrasser d’un salarié (bien évidemment, de nombreux salariés ont une excellente conscience professionnelle et font très bien leur travail, cela va sans dire).
  • Les activités sociales : si vous êtes une entreprise sympathique, vous organisez sans doute ponctuellement des team building, des pots de départ, des repas (Noël etc), ou invitez sans doute de temps en temps vos collaborateurs au restaurant… Toutes ces attentions apportent leur lots d’avantages (salariés plus fidèles, meilleure cohésion de groupe, etc), mais gonflent encore le coût d’un salarié.

Alors finalement, c’est si cher que ça un freelance ? La réponse est simple : pas plus qu’un salarié, si l’on prend tout en compte !

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Elodie Goulayhttps://www.exaltar.fr
Elodie, 31 ans, freelance depuis 2009. Je suis conceptrice de sites web sur-mesure et rédactrice. Je suis également passionnée par le (web)marketing et le SEO, ce qui me permet de proposer à mes clients des solutions complètes clés en main.

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