Et si vous quittiez votre CDI pour devenir freelance ?

Et si vous quittiez votre CDI pour devenir freelance ?

Selon un sondage Ipsos (2018), un actif sur deux est freelance ou intéressé par le freelancing. Ce chiffre conséquent montre un réel intérêt des français envers l’entrepreneuriat, et un rejet de plus en plus fort du statut de salarié.

Ils voient dans le freelancing la possibilité de revenus plus élevés, une liberté totale sur l’organisation de leur travail, la fin d’une hiérarchie parfois pesante, mais aussi la possibilité de travailler sur ce qui les fait réellement vibrer. Après tout, comme le disait si justement Confucius, « Choisis un travail que tu aimes, et tu n’auras pas à travailler un seul jour de ta vie. »

Vous êtes actuellement salarié, et envisagez de créer votre entreprise ? FreelanceRepublik et Freelance Academy vous proposent des conseils pour vous lancer en toute sérénité !

Préparez votre changement de carrière

Même si vous ne supportez plus votre statut de salarié, ne démissionnez pas sur un coup de tête. Se lancer n’importe comment dans l’entrepreneuriat est une méthode (presque) infaillible pour rater sa reconversion professionnelle.

Ne précipitez pas les choses. Prenez le temps de préparer soigneusement votre projet. Voici nos conseils pour bien préparer votre changement de carrière :

Déterminez votre activité

A mon sens, la première chose à faire et de déterminer vos points forts et vos points faibles. Soyez le plus honnête possible durant cet exercice, c’est très important. Listez également les choses que vous aimez et n’aimez pas faire, ce que vous vous voyez bien faire tout au long de la journée et ce dont vous aimeriez ne pas avoir à vous occuper.

A partir de cette première analyse, vous allez pouvoir déduire votre champ d’activité. Par exemple, vous pourriez être développeur php freelance, product owner freelance ou encore chef de projet freelance. Tout dépend de vos compétences, mais aussi de vos envies. Il serait dommage en effet de proposer vos services dans une activité qui ne vous emballe pas vraiment.

Déterminez votre niche

Ensuite, vous pouvez réfléchir aux clients pour lesquels vous aimeriez travailler (TPE, PME, associations…), et dans quel(s) secteur(s) d’activité.

En effet, l’une des clés du succès d’un freelance est… la spécialisation ! Un freelance trop généraliste, c’est un freelance qui s’adresse à tout le monde… et donc à personne. Votre communication sera bien moins efficace que si vous ciblez précisément un marché (exemple : les restaurateurs, les dirigeants de salle de sport…), et vous coûtera donc plus cher pour moins de résultats. De plus, il est plus facile de devenir un expert reconnu dans un domaine bien particulier.

C’est le fameux concept de niche, dont vous avez peut-être déjà entendu parler. Idéalement, choisissez une niche qui vous passionne. Vos journées de travail n’en seront que plus agréables 🙂

A noter que si vous avez des compétences très pointues dans un domaine particulier (par exemple si vous êtes un expert Angular JS, ou encore un expert Symfony), vous n’avez pas forcément besoin de vous spécialiser dans un secteur d’activité précis. Les grandes entreprises sont constamment à la recherche de professionnels comme vous !

Note : n’hésitez pas à réaliser une étude de marché en amont. Elle vous aidera à déterminer les besoins de vos clients potentiels, à évaluer la pertinence du marché et la concurrence, ainsi qu’à vous donner une idée des tarifs que vous pouvez pratiquer.

Le point sur les compétences indispensables

Listez ensuite toutes les compétences nécessaires pour exercer cette activité en tant que freelance. N’hésitez pas à questionner d’autres freelances, à lire des blogs spécialisés et même à prendre rendez-vous auprès de professionnels afin de vous aider à dresser une liste un tant soit peu exhaustive.

Il vous manque des compétences ? Pas de panique ! Les compétences peuvent s’acquérir, l’important c’est d’en être conscient. Il existe aujourd’hui de nombreuses formations, sur des sujets très variés.

Freelance Academy propose par exemple une formation pour apprendre à se lancer en tant que freelance. Vous pouvez également envisager de suivre une formation pour perfectionner dans votre langage de programmation, pour améliorer vos compétences en (web)marketing, en rédaction, en gestion d’entreprise, etc etc.

Gardez bien à l’esprit qu’il est toutefois impossible de tout maîtriser. Vous serez certainement amené à déléguer certaines parties de votre activité.

Par exemple, beaucoup de développeurs freelances sont excellents en programmation, mais totalement allergiques à Photoshop et consort. Si tel est votre cas, vous pouvez faire un partenariat avec un webdesigner freelance : il se chargera du design et de l’intégration, et vous de la partie plus technique.

Si vos lacunes concernent plutôt la gestion de votre entreprise, vous pouvez confier ces tâches à un expert-comptable. Mais rassurez-vous, si vous optez pour la micro-entreprise (je vous en reparle un peu plus loin dans cet article), la gestion reste réellement très simplifiée et à portée de tous 😉

A lire aussi : Les obligations comptables de l’auto-entrepreneur

Préparez votre business plan

Place maintenant à votre business plan !

Je ne vais pas détailler ce point car je compte bientôt rédiger un article entièrement consacré à cet aspect indispensable, et pourtant trop souvent négligé, de la création d’entreprise.

Mais pour résumer, le business plan permet de mettre à plat tout le fonctionnement de votre entreprise, de déterminer vos besoins en trésorerie, votre fond de roulement… Il vous permet également d’établir vos bilans financiers prévisionnels des prochaines années (rassurant lorsqu’on quitte un poste stable pour se lancer dans l’inconnu !), et bien d’autres choses encore.

Cette étape est l’occasion de réfléchir aux tarifs que vous allez pratiquer. Pour vous aider, je vous invite à lire notre article sur le calcul du taux horaire du freelance.

Le choix du statut

Le choix du statut d’entreprise est très important, et à ne pas prendre à la légère.

Il détermine en effet les règles juridiques, comptables et sociales que vous devrez suivre. Chaque statut a ses défauts et ses inconvénients, prenez le temps de tous les comparer pour prendre votre décision. Vous pouvez également vous faire accompagner dans votre démarche par un professionnel compétent.

Voici une courte présentation des principaux statuts possibles pour le freelance :

  • Micro-entrepreneur (anciennement appelé auto-entrepreneur) : création gratuite et simplifiée, charges sociales dues uniquement en cas de chiffre d’affaires, cotisations peu élevées par rapport à d’autres statuts, possibilité d’opter pour l’option de prélèvement libératoire sur le revenu (sous certaines conditions) afin de mieux maîtriser votre imposition, comptabilité simplifiée…
    En contrepartie, vous payez des charges sur votre chiffre d’affaires et non sur vos bénéfices, vous n’avez pas de fiche de paie (avec tous les inconvénients que cela implique), les revenus annuels sont plafonnés, vous êtes légalement responsable en cas de problème, vous ne pouvez pas vraiment embaucher quelqu’un puisque les salaires ne peuvent être déduits de votre chiffre d’affaires et qu’il y a un plafond à ne pas dépasser… De plus, en-dessous d’un certain plafond, vous ne pouvez ni facturer ni récupérer la TVA.
  • SASU : le dirigeant est responsable uniquement à hauteur de ses apports personnels (contrairement à l’AE) et fixe le capital de la société. Le fonctionnement de la société très souple, la TVA est facturée et récupérées, les impôts sont sur les bénéfices et non sur le CA, possibilité de verser des dividendes et/ou des salaires, pas de limite de plafond…
    En revanche, la création est plus fastidieuse, avec notamment la rédaction et le dépôt des statuts de la société. La comptabilité est plus lourde, et nécessite le dépôt des comptes annuels par exemple. Les charges sont également plus conséquentes, il vous faudra gagner davantage pour vous verser les mêmes revenus nets qu’en AE.
    Le gérant a le statut de « Dirigeant assimilé salarié » : ses cotisations sont plus élevées qu’en EURL, mais il bénéficie d’une meilleure protection sociale.
  • EURL : présente globalement les mêmes avantages et inconvénients que la SASU. La gestion de l’EURL est toutefois plus cadrée et donc moins souple : cela peut être aussi bien un avantage qu’un inconvénient. Par défaut, l’EURL n’est pas soumise à l’impôt sur les sociétés, mais vous pouvez opter pour cette option si vous le désirez.
    Le gérant d’une EURL a le statut de « Travailleur Non Salarié » (TNS) : ses cotisations sont moins élevées que celles du gérant de la SASU, mais il est moins bien protégé. En outre, des cotisations forfaitaires sont dues même lorsque le gérant ne se verse pas de salaire.

Note : Pour en savoir plus sur le choix du statut de votre future entreprise, je vous invite à lire mon article « EI, EIRL, EURL ou SASU : quel statut choisir pour devenir développeur freelance ? ».
Vous verrez d’ailleurs que la micro-entreprise n’est pas un statut en tant que tel, mais un régime.

Renseignez-vous sur les aides

L’un des plus grands avantages du statut de salarié est… le salaire. Vous savez exactement combien vous allez gagner par mois. Pour l’entrepreneur, c’est plus compliqué, notamment lors des débuts d’activité… Mais saviez-vous qu’il existe de nombreuses aides financières qui peuvent vous soulager ?

Voici les trois aides les plus courantes :

  • L’ACRE : cotisations sociales allégées durant trois ans (attention, l’ACRE est actuellement en pleine réforme !);
  • L’ARE : allocations chômage ;
  • Le RSA et la Prime d’Activité : aides complémentaires pour vous aider à conserver un revenu minimum.

Toutes ces aides sont soumises à condition. A noter qu’il existe également de nombreuses autres aides plus spécifiques, ainsi que des crédits à taux zéro ou encore des aides régionales. Pensez à vous renseigner avant de vous lancer !

Portfolio, cartes de visite et autres documents

Dernière chose avant de quitter votre emploi : profitez de vos soirées et weekends libres pour préparer les futurs outils qui vous seront nécessaires. Vous pourrez ainsi commencer votre activité plus rapidement.

En voici une liste non exhaustive, à adapter selon vos besoins :

  • Site portfolio (de préférence avec un blog, que vous alimenterez régulièrement avec des contenus de qualité) ;
  • Comptes sur les réseaux sociaux ;
  • Cartes de visite ;
  • Brochures / Plaquettes ;
  • Modèle de devis à compléter ;
  • Modèle de facture à compléter ;
  • Modèle de contrat à personnaliser (un modèle de contrat par type de service que vous proposez) ;

Inspirez-vous des ressources disponibles sur internet si vous ne savez pas comment faire. Pour les documents légaux (facture notamment), assurez-vous de respecter la législation en vigueur. Par exemple, un auto-entrepreneur ne facture pas la TVA (jusqu’à un certain seuil tout du moins), et doit le mentionner clairement sur sa facture.

A lire aussi : Facture auto / micro-entrepreneur : notre guide

Quittez votre CDI dans les règles de l’art

Ca y est, vous vous sentez prêt pour quitter votre CDI et vous lancer dans l’aventure de l’entrepreneuriat ? Découvrez nos conseils pour faire la transition :

Démission, licenciement ou rupture conventionnelle ?

La manière la plus simple de quitter un emploi, c’est tout simplement la démission. Mais saviez-vous que c’est le pire choix si vous désirez créer une entreprise ?

En effet, en démissionnant vous perdrez vos droits à l’allocation chômage d’aide au retour à l’emploi (ARE), une aide fort appréciable qui permet de subvenir à vos besoins en attendant de générer des revenus avec votre entreprise. Il serait dommage de vous en priver !

En revanche, le licenciement, la rupture conventionnelle et la fin de CDD permettent d’en bénéficier.

Congé pour création d’entreprise

Sous certaines conditions, vous pouvez bénéficier d’un congé d’un an (maximum) pour la création de votre entreprise. C’est la solution idéale pour se lancer en toute sérénité.

A l’issu de ce congé, vous pourrez décider de quitter définitivement votre emploi, ou bien choisir de réintégrer l’entreprise dans laquelle vous travailliez auparavant (poste et rémunération équivalents).

Cumuler le statut de freelance et de salarié

Vous avez également la possibilité de cumuler votre statut de freelance avec votre statut de salarié, que ce soit de manière provisoire ou durable. C’est la solution idéale pour tester une activité sans perte de revenus.

Pour cela, vous pouvez décider de rester à temps plein et vous concentrer sur votre entreprise seulement les soirs et weekends, ou bien négocier avec votre employeur une réduction de votre temps de travail.

Dans tous les cas, ayez l’honnêteté de mettre votre employeur au courant de vos projets. Vérifiez également qu’aucune clause de non concurrence ou d’exclusivité n’est présente dans votre contrat. Certaines professions réglementées (notamment dans le domaine public) rendent en outre impossible le cumul des deux activités.

Enfin, n’hésitez pas à mettre vos clients au courant de la situation. Ils se montreront ainsi plus compréhensifs vis-à-vis de votre indisponibilité durant les heures de travail classiques. Ce n’est toutefois bien sûr pas une raison pour négliger vos nouvelles responsabilités.

Prêt à vous lancer ?

Afin de démarrer votre activité de freelance dans les meilleures conditions, n’oubliez pas d’avertir l’ensemble de votre réseau de votre changement d’activité. Peut-être qu’un futur client se cache parmi eux, ou bien parmi leurs propres connaissances 😉

Si vous vous lancez en tant que freelance informatique (développeur, chef de projet, product owner, scrum master…), vous pouvez vous inscrire sur la plateforme FreelanceRepublik afin de trouver vos premières missions.

Vous pouvez également profiter de la formation de Freelance Academy pour apprendre à devenir freelance, le tout dans une ambiance conviviale et détendue. Résultats garantis !

Et enfin, n’oubliez jamais qu’il est toujours possible de faire marche arrière si jamais cela venait à ne pas fonctionner. Si cela devait arriver, ne dramatisez pas : peut-être n’étiez-vous pas encore prêt, ou peut-être votre projet n’était-il pas correctement défini. Quoiqu’il en soit, rien ne vous empêche de retenter l’aventure plus tard !

Plus généralement, ne vous mettez pas de pression inutile, sachez apprécier chaque moment et, surtout, relativisez les échecs. Après tout, c’est grâce à eux que l’on apprend le plus ^^

FreelanceRepublik et Freelance Academy vous souhaite beaucoup de succès dans votre nouvelle aventure ! N’hésitez pas à nous faire part de votre périple en commentaire 🙂

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